DANIEL BOULANGER et LA MUSIQUE
" Rien ne résiste à la musique. Elle vous lave de toutes les tristesses."
Daniel Boulanger
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Dans sa maison de Senlis, dans son bureau, prés de la fenêtre, trône un piano Steinway. Quand l'ombre envahit la campagne, le bureau de l'écrivain se transforme en salon de musique .
"J'ai commençé
le piano tout petit,avec un professeur que ma mère m'avait
trouvé, Mademoiselle Maingourd, et une répétitrice
qui, un beau jour, est entrée au Carmel. Puis, au Séminaire,
j'ai étudié avec le chanoine Jacquemin qui avait
écrit un ouvrage sur l'harmonie et le plain-chant. Je faisais
aussi partie du choeur, nous chantions la messe tous les matins
et le dimanche.
Pendant les vacances, je retournais à Compiègne,
où nous avions comme voisin, dans cette superbe maison,
l'organiste de Saint-Antoine de Compiègne. Trés
souvent, j'allais le conduire pour ne pas le laisser seul. C'est
lui qui m'a mis à l'orgue, et parfois j'ai tenu l'orgue
jusqu'en 1940, mais je me suis fait virer par le curé de
Saint-antoine, de cette église qui était le fief
de ma famille maternelle, le jour où j'ai joué des
variations sur "Viens poupoule".
J'étais répétiteur
pour gagner ma vie, et j'allais suivre des cours à la Sorbonne.
Quand je revenais, je jouais les trios de Beethoven avec le principal
du collège et un architecte de la ville. Une ou deux fois,
j'ai accompagné un violoniste qui jouait Tzigane de Ravel.
Pour moi, la musique,surtout celle que l'on fait soi-même,
est la bonne compagne, la seule vraie, même sii on joue
mal. Je suis rééllement ce qu'on appelle un amateur.
Mon tabernacle, c'est le quatuor à cordes.Je ne trouve
rien de plus spectaculaire qu'un quatuor à cordes, et je
peux en suivre toutes les parties.
De même qu'il y a des villes dans ma vie, il y a des souvenirs de souvenirs laissés par la musique. J'ai, par exemple, dans l''oeil et dans l'oreille, des danses du pays ouzbek. Je me souviens aussi des nègres tout emplumés de blanc dans l'Orphée de Gluck au théatre de Prague,en 1948. Au Tchad, j'ai vécu des nuits de tam-tam, aec deux fils de fer sur une calebasse. Tout me fascine, dés qu'il ne s'agit plus de bruit. Bien que la musique assimile les bruits, elle les mate, les gobe, les transforme. Qui dit musique dit organisation.
Lorsque j'écoute de la musique chez moi, elle évoque quelque chose qui n'a jamais existé. la Musique me fait rêver. Debussy a écrit une oeuvre qu'il a appellée Poisson d'or. Acceptons-le. Il aurait mis Etude n°43, ce serait exactement la même chose, car je ne vois pas les poissons d'or, pas plus que la terrasse des audiences au clair de lune, ou la fille aux cheveux de lin, ou les jardins sous la pluie. Il m'est permis de voir autre chose, car la musique ne décrit rien. Le son est fait pour l'oreille comme l'objet pour la main. La musique est indéfinissable, indicible. Elle me met au-dessus de moi. En ce sens, elle est bonne et morale.
Tout ce qui sent trop le laboratoire me déssèche,
mais j'ai des souvenirs de piano de Stockhausen qui m'ont beaucoup
plu. Cela dit, j'aime beaucoup les lieder, j'ai un faible pour
la mélodie : Hugo Wolf, Duparc, Poulenc.
Devant la musique symphonique, j'ai l'impression d'avoir une armée
devant moi, je recule.
Mais comment se fait-il que j'écoute Bruckner ?Parce que
ses symphonies constituent une extraordinaire architecture.
Nous parlons de musique symphonique mais toutes les musiques me touchent. A New-York, j'étais avec Granier-Defferre,(1), j'ai vu de trés grands musiciens de jazz répéter. On a passé toute la nuit avec eux à boire et à écouter. Finalement avec la musique, on entre dans un monde sacré.La musique est une fin. Est-ce qu'au paradis on a besoin du trés-haut ? Pas du tout, on y est ".
D'aprés Myriam Anissimov, in "le Monde de la Musique", juin 1990.
Note : 1- Pierre Granier-Deferre, cinéaste français. Principaux films : "La Veuve Couderc" (1972), "Le Chat" (1975), "Une Etrange Affaire" (1981)
Musicien amateur, pianiste et organiste, mélomane averti, la Musique occupe une place centrale dans la vie et l'oeuvre de Daniel Boulanger. De nombreux personnages de ses nouvelles sont des musiciens ou font partie d'une chorale. Citons pour mémoire :
- l'orchestre du kiosque à musique des villes thermales ("Musiques" dans "Fouette Cocher !")
-Omer Durosoy, violoncelliste ("l'Escalier " ) et Gabriel Fecqueteau violoniste ("Le Maitre de Musique " dans "Mémoire de la Ville")
-Charles, le violoniste de "Noire sur de papier peint" et Luc Rambeau, le clarinettiste de "Bécarres" ("l'Enfant de bohème")
- Radom, le timbalier de l'orchestre municipal (" Le dernier vertige de Radom " dans "Le chant des Caracoles")
- Le Colonel, organiste de la collègiale Ste Edwige ("L'Eternel Féminin ") et Justine Laborde, le professeur de piano ("Fauvette, chantes quand tu passes " dans "le Chant du Coq")
-Mle Enegat, la harpiste de " Tombeau d'héraldine"
- La veuve Nibal, l'accompagnatrice du cours de danse de " le Miroitier"
La Musique est aussi et surtout au coeur de deux de ses meilleurs romans "Mes Coquins" et "la Confession d'Omer" et pour l'un d'entre eux,au moins ("Mes Coquins") semble être le sujet du roman, et le compositeur Haendel, le véritable héros du livre.
MES COQUINS
"- Et à part Haendel ? (première phrase du livre)
"- Essayer Brahms, peut-être ? (dernière phrase du livre).
Entre ces deux lignes, pendant 200 pages, Daniel Boulanger va livrer un des romans les plus savoureux, qui met en scène des personnages, musiciens pour la plupart, mais pas tous, et dont le signe de reconnaissance , le mot de passe semble être le nom magique de Haendel qui apparaît rien moins que quarante-trois fois dans le texte.
Ainsi, Haendel est, curieusement, le musicien préféré de la plupart des personnages du livre. De Victor Sénévé, le disparu, mais aussi de sa femme Dorothée ( "C'est sa Bible"), de Sainte, la prostituée que Charles Sénévé (le fils) rencontre à Marseille, du routier Calixte qui prend Charles en stop, et du couple formé par l'architecte et Lili que Charles rencontre dans une bergerie de la campagne de Marseille. Pour Lili aussi, Haendel est son préféré et le couple va même jusqu'à mentionner quatre oeuvres du compositeur, des "oratorios" "Deborah" (1733), "Alexander Balus" (1747) , "Jephté"(1751) et "Ode à Sainte Cécile " (1)
Pour chacun des personnages, le nom de Haendel, est synonyme de beauté et devient comme la clé du paradis (et des songes). Sa musique devient libératrice, réveille chez chacun la grâce et la beauté et l'imaginaire, renvoie chacun à une expérience émotionnelle, spirituelle, à un souvenir.
Pour l'architecte, Haendel, "c'est aussi la fresque étoilée qui se déroule au revers de nos yeux" , pour l'hôtelier parisien, le souvenir de nuits incomparables pendant la guerre et pour le routier Calixte."les grand fonds opposé à de la musique de fond"
Pour Andersen, le conteur de la bande, Haendel évoque tour à tour " des chevaux cabrés devant des chutes d'eau", "celui qui vous ouvre la porte du ciel avec simplicité"ou bien un tableau de Vermeer et même quand Victor joue du Mozart, c'est encore du Haendel et quand on lui demande " Pourquoi ? "il répond "un tic".
Symbole terrestre de la Beauté, la Musique de Haendel est le contraire de l'Enfer symbolisé par les parkings, le béton, le goudron ("Je vois mal Victor y poser du Haendel" dit Andersen), la société de comsommation, en somme, et que conteste la bande de nomades, "hippies" chez qui Victor a trouvé un abri et l'amour de Hélène.
Ceux pour qui Haendel n'est pas le compositeur préféré cherchent à comprendre et se sentent frustrés, exclus d'un monde merveilleux, ainsi du commissaire Malandre qui voudrait bien qu'on lui "explique une bonne fois ce que c'est que Haendel !" mais qui doté d'une certaine grandeur et d' une nature grave (comme lui dit le photographe), en est plus proche qu'il ne le pense.
Hymne à la musique, symbole de pureté et de vérité ("Aucune musique n'a jamais menti"p.66) Boulanger oppose le nom de Haendel et de quelques autres (Mozart) aux opéras grand-guignolesques et "orientalisants" qui font le succés de l'Opéra qu'ont déserté Charles et Victor, car Victor Sénévé se sentait devenir un "fonctionnaire " de la musique.
Boulanger se moque gentiment au passage de ces opéras orientaux (imaginaires) "Sémiramis", " Nabuchodonosor" , "Nefertiti"qui satisfont aux besoins d'exotisme de la province .
Au contraire, loin des lourdeurs monotones de la routine, La flûte de Victor et Charles, en prenant la route de la liberté, charment tout le monde. Ils tirent de leurs instrument des sons mélodieux, tisse des fils d'or qui font rêver (sont cités "La flute Enchantée" de Mozart et "l'Aprés-midi d'un faune" de Debussy.) et apportent le rêve, le bonheur, car il n'y pas de doute possible, pour Daniel Boulanger, la musique est le seul bonheur possible.Elle illumine et magnifie l'existence.
Les Evangiles
Toutefois, il n'y a pas que Haendel qui soit le préféré de Victor. Il possède un petit livre qui ne le quitte jamais : Les Evangiles.
C'est aussi le livre préféré de Hélène, sa compagne à la communauté, et Victor se plonge sans les Saintes Ecritures aprés avoir appris que Charles, lui aussi, a fugué, et aprés un dialogue sur l'équilibre et l'Amour entre les deux soeurs Thérébinthe et Hélène.
Victor est un homme simple, qui fuit le monde de l'Argent et part sur la route, avec sa flûte, comme un vagabond, en quête de Fraternité, d'harmonie entre les hommes.
Ce thème de la Fraternité, base du message chrétien aux origines du Christianisme et message central des deux testaments, parcoure le livre en filigrane. Victor la trouve chez les "hippies" qui vivent en communauté et l'acceptent parmi eux. Charles, lui-même, a une chanson qui lui revient en mémoire "Veux-tu serrer ma main, ne quitte pas la ronde, vivons jusqu'à demain, nous connaitrons le monde".
Les allusions religieuses, sont nombreuses :
- une naissance dans le camp des nomades, Marie, la fille de Joseph et de Thérébinthe. L'allusion à Tintoret enveloppe la scène d'une atmosphère de crèche et de rois mages.
- l'allusion à la grotte de Bethléem, lorsque le Ministre de la Culture veut classer la maison des Sénévé au répertoire des demeures historiques.
-l e camp de nudistes en camargue, où débarquent la bande de hippies. Joseph admirant ce paysage de début du monde et Andersen annonçant "On repart de zéro; je n'ai jamais ressenti cela ailleurs qu'ici". (p.150). Référence à Adam et Eve et à l'Arche de Noé (Victor voyant ses compagnons sous les traits d'animaux.p.156)
- le fait que Victor semble guidé par une force supérieure; Hélène lui dit :" on dirait que tu n'es pas ton maître"..
Le Globe terrestre
Aprés Haendel et les Evangiles, il est un troisième motif qui focalisent les réveries, les songes des personnages : il s'agit d'un globe terrestre en émail que Victor donne en cadeau à Charles en récompense d'une matinée heureuse alors "qu'ils se mettaient en forme, aprés le premier prix de Charles, le quinzième duo pour flûtes seules de Girolamo Crescendi".
Ce globe terrestre, symbole de l'harmonie entre le père et le fils, Charles le met prés de son lit et s'endort une main posée dessus aprés une journée où il est tenaillé par l'envie de partir, lui aussi.
On retrouve le globe à Paris, avec Charles qui l'a emporté avec lui , comme le lien qui le relie à son père et à sa mère dont c'est l'objet préféré. Le globe est dans sa chambre à Marseille et finit au commissariat de police, lieu des retrouvailles entre Charles et Victor.
Mais le globe fait aussi penser à celui que décrit Andersen (p.23) pour qui la musique de Haendel évoque une peinture qui est en fait une toile de Johannes Vermeer intitulée "l'Astronome" (1668). Vermeer a peint une autre toile qui est le pendant de "l'Astronome" intitulée " le Géographe" (1668/1669). Ces deux tableaux qui sont des portraits de savants plongés dans leurs études expriment également l'excitation de la recherche et des découvertes scientifiques du XVII ième siècle.Or l'étude du ciel et de la terre représentent deux domaines de la pensée humaine ayant des implications théologiques différentes.
L'Astronome, éclairé par un rayon de lumière qui tombe obliquement de la fenêtre , qui tend la main vers le globe , cherche allégoriquement une aide spirituelle. D'autre-part, sur le mur du fond est peinte une scène religieuse.
Il s'agit de "Moise sauvé des eaux", qui est une scène traditionnellement associée à la Providence divine.
Or l'odyssée de Victor Sénévé et de Charles, leurs aventures burlesques et leurs retrouvailles ne sont-t-elles pas pas plaçées sous le signe de la Providence ?
Cette allusion à l'astronomie semble être une allusion aux conceptions néo-platoniciennes à "la musique des sphères", et "l'Harmonia Mundi". Ce qui nous renverrait au Sacré (et son mystère) aux Evangiles et à Haendel dont la musique n'est que le signe terrestre de l'harmonie divine et du monde céleste.
Car, il est bien question d'harmonie et c'est sans doute le véritable sujet du livre.
Harmonie musicale, harmonie terrestre et céleste, l'une étant l'écho de l'autre , harmonie universelle entre les êtres (par la Fraternité et le message de l'Evangile et de la Musique). A plusieurs reprises, on insiste sur la ressemblance entre Charles et Victor, le père et le fils, le premier étant le sosie, le portrait craché, le Double, l'écho, pour tout dire du second , (" - C'est vrai que je lui ressemble, dit Charles. Sa photographie à la maison, c'est moi dans un miroir".p.30).
Le fils et le père Sénévé ne peuvent pas vivre séparés. Avec la fuite de Victor, l'harmonie est brisée et plus rien ne va pour Charles : son métier, sa relation avec Jeanne Favorite. Troublé par la disparition de son père, il n'est plus lui-même. Sa quête pour le retrouver signifie la recherche de l'harmonie perdue, de l'unité.
"- Charles ! - Mon père ! "Les deux hommes se précipitérent l'un vers l'autre, et ne firent plus qu'un, les flûtes sur leur double dos."Notes :
1- Sainte Cécile, vierge martyre et patronne de la Musique, qui vécut à rome au II ou au III ième siècle. Jouant de tous les instruments, elle ne parvenait pas toutefois à exprimer le flot de musique céleste qui remplissait son âme. C'est pourquoi elle inventa l'orgue.
Liste des oeuvres et des compositeurs cités dans "Mes Coquins"
- Haendel." Te Deum", Girolamo Crescendi, "la Flûte Enchantée ", Mozart, Puccini,"L'Aprés-midi d'un faune" de Claude Debussy, Bach, César Franck, Buxtehude, Purcell, Wagner, Webern, Britten, Monteverdi, Brahms.
Liste des images reproduites sur cette page.
Image 1 : instruments de musique dits "à cordes frottées; A gauche, un quinton ou "pardessus de viole" à cinq cordes accordées (signé Guersant, paris 1750). A droite, un violon à quatre cordes (des frères Antoine et Jérôme Amati, Crémone, vers 1650).Extraits de "Métiers de tradition", ouvrage réalisé pour le Crédit Lyonnais.Paris 1966.
Image 2 : G.F. Haendel (1685-1759)
Image 3 : "l'Orchestre de l'Opéra" (1868) Edgar Degas. Musée du Louvre
Image 4 : "L'Astronome " (Détail) (1668) de Johannes Vermeer. Musée du Louvre.
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LA CONFESSION D'OMER
Si la flûte est l'instrument roi de mes Coquins, dans La Confession d'Omer, c'est le piano qui règne en maître mais Boulanger s'amuse et multiplie les métaphores et les allusions musicales d'origine diverses renforcant ainsi l'atmosphère loufoque, "exotique" et joyeusement foutraque du récit.
Ces références musicales se classent en plusieurs catégories :nobles, classiques, (le piano droit, piano à queue, la harpe, la valse), exotiques (la cumbia, le tango), populaires (mazurka, tango, bastringue, rengaine, guimauve, fanfare) saugrenues et ethniques à la fois (le balafon, mélopée ivoirienne, frottement de fourchettes), le jazz (le blues, one-step, saxophoniste)
Chacun des personnages et des lieux du roman semblent associés à un instrument, du moins à un son, et faire partie d'un orchestre dont la Veuve Bugle serait le chef-d'orchestre (et Lucien l'accordeur de piano).
"La veuve Bugle passe au piano. elle joue un peu avant de se coucher "p.19 (1)
"Elle alla vers le piano droit qui se redressait encore sous la magnificence chantournée des plantes vertes qui l'encadraient le long du mur. Ainsi ne se glissait-elle jamais dans le lit avant de se détendre au clavier et de me faire languir. Derrière la harpe du demi-jour, la veuve Bugle assise sur le tabouret à vis m'offrait le violoncelle de son dos." p.22
"-Qu'est-ce que c'est
? demandai-je
- Franck, moi, Scarlatti. "
" De la machine à musique installée dans un viel orgue à personnages pastel qui ne bougeaient plus et semblaient attendre, les yeux levés, la résurrection du bastringue, sortait une cumbia : Se va el caiman." p.25
" La veuve Bugle, aprés deux arpèges majeurs, attaqua une romance d'une tristesse sans égale". p.59
-"Ré mineur, dit Lucien. La Mort."
p.63 " du bar montait un pot-pourri de valses si vielles qu'elles partaient en lambeaux."
p.64 " Madame est une fanfare, Monsieur Omer !".
p.65 : "-Je réveille toute la maison, dit-elle, mais j'avais une telle envie de cette mazurka."
p.68 :" elle a une fracture du crâne, due, parait-il, à un instrument aficain, un balafon ! frappée dans sa chambre par la religieuse de la cellule voisine qui ne pouvait plus dormir. C'est un drame de la musique. en tout cas, de la percussion; j'an ai connu d'autres. ma répétitrice autrefois, a été plaquée par son mari qu'elle adorait, à cause du piano;j'adore le rythme africain mais c'est un envoûtement."
p.77 :" J'entendais toujours sa voix en papillon sur la vague, mécanique et butée par un défaut du disque, de la musique "d'ambiance"
"Madame Bugle, dit-elle
en ayant l'air de souffrir, le piano de l'amiral van Hoppje's..
- Eh bien ? dit Celesta.
- Evitez autant que faire se peut d'utiliser le fa de l'octave
supérieure. il porte en lui une fréquence
maléfique."
p.104 : "un disque
étirait sa guimauve".
p.106 : -A vos ordres ma beauté, mais c'est dommage, parce
que ce qui vient aprés le Caiman, c'est une merveille,
un one-step."
p.113 " Le docteur Bourbillon devint un habitué des concerts de Lucien, le samedi soir. il s'asseyait prés du piano,offrait un éléphant à l'aveuge et lui demandait de glisser dans son répertoire des airs d'autefois".
p.111 : "Je m'éveillai à la pointe d'un arpège, dans l'enchantement viril. Celesta valsait avec le piano à queue. la musique m'apparut la plus vive caresse que l'on put faire aux dieux.
p.116 "Les religieuses m'avaient bien dit que l'on juge l'homme à sa musique !".
p.117 "Mon premier prix de tango ! C'est si loin ! J'ai voulu faire plaisir à Celesta Bugle , ce soir".
p.122; "Pearl, au genièvre, vint chanter une mélopée ivoirienne en s'accompagnant d'un frottement de fourchettes".
p.129 "Je l'écoutai jouer un tendre arioso sur le piano à queue.."
p.132 : " Oh! oui, Lucien, le blues ! ne vous arrêtez pas ! Que sont les paroles face à la musique, mes phrases devant votre phrasé !"
p.133 : "En somme, répétait le Docteur Bourbillon, en somme que reste-t-il ? Aprés la journée toujours sale, si vous saviez combien l'homme est à tenir avec des pincettes ! Seule la musique vous lave. Au bas des jours et des années, décombres et roueries, le fleuve musique.".
p.143 : "Un saxophoniste installé sur le quai devant la Poupe et la Proue me réveilla dans l'aprés-midi."
p.162. "Madame Egérie
jouait une valse lente..."
p.166 : Vous avez entendu le piano ? c'était le toucher
de Lucien. On se cogne toujours sur les mêmes têtes,
les mêmes airs."
notes
1- les références sont celles de l'édition en collection Folio/Gallimard
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